Je décrypte vos pires anecdotes Marketing

Quand on bosse dans le marketing ou le web marketing, on en entend des vertes et des pas mures. Entre ceux qui pensent qu’on est aussi technicien informatique, ceux qui sont persuadé que leur nièce de 14 ans peuvent faire le job et ceux qui n’y comprennent rien, les anecdotes ne manquent pas. Je décrypte vos pires anecdotes ici, pour le meilleur et pour le rire.

«Hey ! Tu peux aller voir Mireille, elle a un problème avec son ordi ! »

Si vous bossez dans le Marketing ou le Web Marketing, des trucs comme ça, vous en avez forcément entendu. Mais y’a tellement pire !

Salut tout le monde, je suis Ludovic Salenne et aujourd’hui je vais décrypter vos pires anecdotes web et marketing. Pour rire mais pas que !

Alors, pour réaliser cette vidéo, je vous ai demandé sur LinkedIn quelles étaient vos pires anecdotes en tant que Marketeur Digital et j’ai reçu du très très lourd :

Un gros Merci pour vos témoignages : grâce à vous, on va se sentir beaucoup moins seul !

J’ai sélectionné 5 anecdotes et des bonus assez ouf, qui vont forcément vous parler. Je ne vais pas me contenter de les présenter, je vais les décrypter pour vous permettre de relativiser quand se reproduira.

Parce que oui, ça va se reproduire 😅

Après coup, on en rigole pas mal mais sur le moment c’est plutôt saoulant voire vexant !

Du coup, comprendre pourquoi votre interlocuteur vous sort une telle connerie, va automatiquement vous soulager.

Allez, 1ère anecdote !

Anecdote 1 : quand marketing web devient informaticien

Olivier nous dit :

“En vacances chez mes parents. Mon papa qui me tend le téléphone : “Tiens, c’est Jean-Paul est-ce que tu peux voir il a un problème avec son portable”… alors que je ne connais même pas Jean-Paul…”

On en a tous une comme ça non ?

Dîtes-moi en commentaire : si vous bossez dans le web marketing, vous avez forcément quelqu’un qui vous a déjà demandé de le dépanner sur un truc tech !

Perso j’ai eu la base : « j’ai un problème avec ma boite mail » ou « j’ai un problème avec mon ordi »…

Et puis dans les repas de famille, j’ai Martine qui a toujours besoin d’installer une app ou faire un réglage sur son iPad Haha

Mais j’adore ça 😃♥️

Paul sur LinkedIn nous dit :

« Le classique : on a plus Internet, tu peux réparer ! »

Euh bah non en fait, comment te dire…. Appelle le SAV mec !

Va falloir vous habituer parce que c’est pas prêt de s’arrêter !

Ces remarques s’expliquent par le biais psychologique de la disponibilité en cascade

En fait, ce décalage est basé sur un biais cognitif qu’on appelle la disponibilité en cascade : en gros, c’est un biais qui fait qu’on a toujours plus tendance à croire un truc qu’on entend régulièrement.

Sans chercher à vérifier l’idée !

Du coup, on entend souvent que les personnes qui taf dans le Web Marketing sont douées avec les nouvelles technologies – AVEC TOUTES LES TECHNOLOGIES – et du coup – bam ! – disponibilité en cascade, si j’ai un problème, j’appelle Olivier et Paul !

Ensuite !

ANECDOTE 2 : TU PEUX TRAVAILLER GRATOS’ ?

On a Céline qui nous raconte une anecdote vécue avec un client à elle, dans la rédaction web :

“Un client, j’ai tenté plusieurs fois de le convaincre de se mettre aux réseaux sociaux (il avait un e-commerce). J’ai passé du temps au téléphone à lui expliquer pourquoi c’était nécessaire : il m’a rétorqué “oui, je sais, je vais demander à ma nièce de s’en occuper”. BOOM !”

Haha à la base : c’est ce que je vous disais avant !

J’ai besoin qu’on gère mes réseaux sociaux – BAM ! – disponibilité en cascade à ma nièce, elle est jeune, elle va gérer ça !

Euh… bah en fait le web c’est un vrai métier hein, les réseaux sociaux tout ça…. Haha

Du coup Céline enchaine :

“Au bout de 2-3 semaines, il se rend compte que sa nièce n’a pas le temps ni les compétences. On se reparle 1h au téléphone où je lui dis tout ce que je pourrais mettre en place pour lui sur Facebook et Pinterest. Il me dit : ‘je vais réfléchir'”.

T’es sympa Céline…. La suite est juste magique :

“2 semaines après, je reçois un email : “bonjour, c’est Machin, stagiaire chez [mon client]. Mr [client] m’a dit que vous aviez plein de bonnes idées pour développer sa communauté sur les réseaux sociaux. Pouvez-vous me répéter tout ce que vous lui avez dit au téléphone afin que je le mette en place ?”. GAME OVER.”

Là, c’est pareil c’est dur mais y’a une explication simple.

Ces remarques s’expliquent par le biais psychologique du principe de cohérence

C’est basé sur une principe psychologique : le principe de cohérence.

En gros, c’est un principe qui fait qu’on a tendance à prendre une décision en fonction des décisions prises avant.

Ici on a le client de Céline qui a pris la décision de l’appeler pour un problème et il a obtenu son aide. Il a recommencé, il a à nouveau obtenu l’aide de Céline après le coup avec sa nièce.

Du coup – hop – principe de cohérence : t’as un problème stagiaire ? Appelle Céline…

Là aussi, je pense qu’on est beaucoup à avoir des anecdotes ? Rassurez Céline en commentaire !

Pour tous ceux qui ne savent pas dire non quand on demande leur aide, dîtes-vous qu’il y a un biais cognitif qui va vous plaire : l’effet Benjamin Franklin.

En gros, on a tendance à trouver quelqu’un plus sympa quand il nous rend un service.

Ouais je sais, c’est pas ça qui fait manger Haha !

Anecdote 3 : mon produit est tellement bon qu’il va se vendre tout seul

Anecdote suivante, Guillaume, alors Guillaume qu’est-ce que tu nous dit :

“Un jour j’ai mon boss qui m’a expliqué que quand on avait un produit haut de gamme (comme nous), la comm et le marketing ça ne servait à rien avec cette phrase “Regarde, Porsche ils ont jamais fait une pub à la TV”…”

Ouais, alors ça je l’ai souvent aussi…

Ça me fait penser au numéro de mon Podcast Sur Le Terrain que j’ai enregistré avec Victor Ferry dans lequel on parle de persuasion.

Victor pensait pareil au début et il a vite déchanté…

Ces remarques s’expliquent par le biais psychologique de l’effet Ikea

Déjà, ça s’explique par un biais psychologique au nom plutôt sympa : l’effet Ikea.

L’effet Ikea, c’est en fait qu’on accorde plus de valeur aux choses qu’on construit nous-même : du coup, j’ai créé un produit, je suis forcément convaincu que c’est le meilleur…

Je revois les efforts que j’ai faits pour le penser et le concrétiser… Le stress que ça m’a procuré, les difficultés que j’ai rencontrées… Donc forcément, ça vaut un max… bah en fait non pas toujours.

C’est pour ça d’ailleurs qu’il y a un beaucoup de startup qui se cassent la gueule… !

Et puis dans l’anecdote de Guillaume, on a l’expression d’un autre biais psychologique : le biais de la confirmation d’hypothèse !

Là, le boss de Guillaume est convaincu que son produit est bon et qu’il va se vendre tout seul. Il pense à Porshe qui n’a jamais fait de pub à la télé et en déduit que c’est une vérité universelle qui valide sa perception…

En parlant de Porshe, je me souviens d’un de mes anciens bosses qui m’avait dit un truc qui va vous faire marrer :

“Avec vous, j’ai l’impression d’avoir une Ferrari mais de la laisser au garage”

Bon faut dire que j’avais 0 de budget …. Alors oui, c’est comme acheter une Ferrari et pas mettre d’essence dedans !

Allez, next :

Anecdote 4 : Idée de génie … Ou pas !

Alors Alexandre qui nous dit :

“La big boss d’un site média pour lesquel je bossais m’a demandé très sérieusement si on pouvait payer des gens en Asie pour cliquer sur les pubs affichées sur notre site afin de gagner plus d’argent 🤷🏻‍♂️”

Là c’est génial, j’imagine trop la boss avoir cette idée arrivée en tête et se dire : EUREKA, je suis un géni…

En fait, pour ceux qui ne savent pas, les sites médias gagnent souvent leur vie en fonction des clics qu’il y a sur les pubs qu’ils proposent… Du coup la boss d’Alex s’est dit : viens on paie des gens pour cliquer en Asie parce que c’est pas cher et on va faire de la marge…

Bah non en fait, comme le monde est bien fait, tu paieras ton clic plus cher que tu le vendras 😉

Mais bien essayé !

Suivante !

Anecdote 5 : qui a la plus grosse ?

Samuel, alors Samuel tu nous dis :

“J’etais en charge de la mise en place d’un site web et le resp. marketing me donne si c’est possible de faire la fonctionnalité suivante: – remplir automatiquement les formulaire avec les données clientes.. – soumettre le formulaire automatiquement au bout de qq secondes si l’utilisateur ne faire rien… Mais pourquoi je lui demande ? Sa réponse: c’est bon pour mes stats…”

Alors ça c’est un vrai problème : les stats !

Mais Sam a raison : à quoi ça sert de te dire que tu as reçus 100 formulaires si c’est toi qui les a validés ? Moi pas comprendre…. Le but d’un formulaire, c’est d’engager la personne alors si tu le remplis pour elle….

Ces remarques s’expliquent par le biais psychologique du besoin de réassurance

Mais là aussi on peut expliquer ça par un biais psychologique : le besoin de réassurance !

Quand on fait un truc nouveau ou qu’on ne maitrise pas à fond, on va avoir tendance à mettre en avant des données qui cachent nos doutes… Du coup, sur le web et dans le marketing, on va mettre en avant les chiffres qui nous valorisent.

Genre : t’as vu, on a augmenté de 90% le nombre de fans sur Facebook… Euh ouais… T’es passé de 10 à 19 quoi… Ok bravo mec !

C’est le fameux vice des Vanity Metrics.

Mais bon je me moque mais on est tous un peu comme ça non ? Moi le premier d’ailleurs !

On enchaine !

Bonus : J’ai rien compris à Google

Alors là on a du lourd et j’ai beau chercher une explication rassurante, j’en trouve pas vraiment… N’hésitez pas à me dire en commentaire si vous en avez une parce que là…

On a Malik qui nous dit :

“Moi c’était un client, qui m’appelle Client : je vois pas mes pub sur Google Moi: Vous cherchez sur quel mot clé ? Client: Ben je cherche Google Moi: non je sais que vous êtes sur Google, mais vous tapez quoi sur l’ordi? Client: Ben Google, tu m’a dit que je serais sur Google. ….. Le mec tapait Google sur Google…”

Violent non… vous imaginez le mec qui va sur Google, qui tape Google dans la barre de recherche et qui s’attend à voir son site web…

Magique !

Dans le même genre on a Delphine qui nous dit :

“Attention c’est du lourd 😅 Mon client : – Si j’ai bien compris, mes clients vont pouvoir retrouver tous mes produits sur le « ternet » – mais moi je ne parle pas anglais !!! Moi : – Cela n’a pas d’importance, vous n’avez pas besoin de savoir parler anglais 🤔 vos clients achètent en ligne, vous encaissez et vous les livrez par la poste, c’est simple. Mon client : – Bah siiiii : comment voulez vous que je réponde à Google quand ils vont m’parler, sont anglais Google !!! J’peux pas l’faire votr’ truc ! 🙅‍♂️🙅‍♂️🙅‍♂️🙅‍♂️🙅‍♂️”

Comment te dire : Google, il va pas gérer tes ventes hein… il t’envoie des visiteurs et tu te débrouilles !

Bon on s’est assez moqué, je vous propose d’en prendre aussi pour notre grade nous les gens du web :

La malédiction du savoir !

On se marre beaucoup de l’ignorance des autres dans cette vidéo mais c’est parce qu’on tombe nous aussi dans le panneau d’un biais psychologique !

Et ouais !

La malédiction du savoir vous connaissez ? En gros, c’est un biais qui fait que dès qu’on apprend un truc, on croit que les autres les savent aussi…

Bah non en fait ! On le voit avec ces anecdotes !

Tout ça nous fait marrer et tant mieux mais ça révèle bien qu’on a une mission d’éducation importante… Et a minima, on peut en rire oui mais avec bienveillance hein ?

Voilà, c’est fini pour cette vidéo ! Si elle connait son succès, j’en ferai une partie 2 donc n’hésitez pas à lâcher vos anecdotes en commentaires.

Puis abonnez-vous pour ne pas manquer les suivantes, activez la cloche tout ça tout ça !

À bientôt !